Actuellement - et pour des raisons bassement professionnelles, cela va sans dire - je dévore des dévédés jusqu'à
l'écoeurement. Un boulimique du film, voilà ce que je deviens.
Et si je vais m'empresser d'en oublier certains (comme l'effroyable Mystery Menavec le pénible Ben Stiller),
d'autres trouveront une place de choix dans le gruyère qui me tient lieu de mémoire. Ainsi, le fascinant Printemps, été, automne, hiver... et printemps du coréen Kim Ki-duk.
Je suis sûrement passé à côté de nombreux codes ou concepts propres au bouddhisme, à l'art ou la société coréens, mais la pureté des images et la beauté de certaines scènes ont suffi à mon
bonheur de spectateur occidental. Et puis, en tant que budoka, j'y ai particulièrement apprécié l'illustration du concept de shu-ha-ri (pour résumer trèèèès schématiquement, ce sont les
trois étapes dans la vie d'un pratiquant d'arts martiaux : shu, c'est l'époque où l'on imite le maître; ha, c'est la rupture et le départ vers d'autres recherches; et ri, c'est le retour, avec
une pratique devenue personnelle, fruit des diverses expériences vécues).
Superbe, donc, et inoubliable, comme cette longue scène tragi-comique où le vieux maître trace un mantra sur le sol en utilisant en guise de pinceau la queue d'un chat manifestement peu
emballé par l'expérience...
A voir, à mon avis. Même si vous aimez les chats...
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